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Tassiou Bakoye, l’exemple de l’artiste polyvalent.

Par Journalduniger.com - 22/09/2014

Du talent, il en a à revendre aussi bien sur les planches, les pistes de danse ou encore dans le domaine de la musique traditionnelle

 

Du talent, il en a à revendre aussi bien sur les planches, les pistes de danse ou encore dans le domaine de la musique traditionnelle, où il manie avec dextérité des instruments tels que le « Douma », le « Kalangou », le « Djembé », le « Gouroumi ». Mais c’est surtout dans les festivals nationaux et internationaux de conte que Tassiou Bakoye s’est fait une notoriété qui va aujourd’hui au-delà de sa ville natale de Maradi et même des frontières du Niger. Tassiou Bakoye a pris goût à la culture dès son jeune âge. Pour le conte, c’est d’abord sa salle de classe à l’école primaire qui constitue sa première scène. Il aimait raconter des petites histoires à ses camarades de classe, en guise d’illustration d’un cours et recevoir des friandises de la maîtresse d’école en récompense. Ayant arrêté l’école en classe de CM2, Tassiou Bakoye s’est lancé dans l’art, d’abord comme danseur dans une troupe de balaie. Ses premières prestations remontent en 1988, il n’avait que 11 ans.

Agé aujourd’hui de 31 ans, Tassiou possède déjà un très riche répertoire de contes. Comme la plupart des enfants qui ont grandi dans un milieu ou la tradition est encore vivace, les nuits du jeune Tassiou ont été marquées par les contes que lui racontait sa maman. Dans ce genre de milieux, les contes jouent aussi bien un rôle distractif qu’éducatif. Tassiou Bakoye n’a jamais mis les pieds dans une école d’art, ou de conte. Il a puisé ses premières inspirations des récits de sa maman. Ses contes destinés au public nigérien, sont écrits en langue haoussa. « Je conte en langue haoussa, parce que dans mon milieu, les contes ont toujours été racontés en langue maternelle » confie t-il. Mais, Tassiou adapte ses contes au contexte du moment. Ces personnages sont surtout des hommes, des femmes, des enfants. Mais on retrouve aussi dans certains de ces contes, des hommes et des animaux. L’objectif étant comme dans les temps anciens, non pas seulement de distraire, mais aussi de véhiculer des messages pour les enfants, les adultes, et même les autorités. Ces messages peuvent être des conseils, des leçons de morales, et, pourquoi pas, un appel à la bonne gouvernance. «Un jour lors d’une représentation, un chef de village a été tellement touché par la morale véhiculée par mon conte, qu’il m’a offert un cadeau. Mais il s’est aussi inquiété pour moi dans l’hypothèse où je conterais devant une autre autorité qui pourrait prendre mal mes propos ». avoue le jeune homme.

 

Jusque, là Tassiou Bakoye continue de conter sans rencontrer le moindre problème. En plus du public de Maradi qui est familier de son talent de conteur, Tassiou est depuis 2004, de tous les rendez-vous, où les grands conteurs nigériens et internationaux font valoir leur talent. Il était au festival Parole Sable de Maradi, la fête de la Francophonie en région, les huit éditions du festival Sukabé qui se tient chaque année dans une région du pays, le festival de conte Gatan-Gatan de Doutchi, le festival international émergence Bijini-Bijini. Tassiou était également en 2009 au festival panafricain d’Alger, et en 2010 au festival international de marionnette d’Ouagadougou, et au festival international de théâtre du Benin. En artiste polyvalent, Tassiou fait des prestations aussi bien en théâtre, que dans le conte. Suite au succès rencontré par la représentation faite lors des festivals d’Alger et Ouagadougou, Tassiou et deux de ses compatriotes ont été sollicités pour des tournées dans d’autres villes d’Algérie et du Burkina. De ces différentes rencontres, l’artiste a rapporté une dizaine de médailles.

Tassiou est aussi sollicité par des ONG pour mettre son talent d’artiste au service d’une cause dans le cadre de la sensibilisation en faveur des droits de la femme, des enfants… Au Niger, ses contes suscitent l’engouement du public. Les enfants y trouvent un moyen de distraction et d’instruction. Les anciens qui le suivent sur les ondes radios ou sur scène, avec la nostalgie des veillées de contes des temps anciens, voient en lui le gardien d’une tradition qui tend à disparaitre face à la modernité. A l’initiative de l’association des conteurs du Niger, avec l’appui d’Afrique Fogo et le financement de l’ambassade d’Espagne, Tassiou et d’autres conteurs du Niger viennent de réaliser une tournée dans les régions du Niger dans le but de revaloriser le conte. C’est justement pour perpétuer la tradition du conte que Tassiou Bakoye ambitionne de créer dans sa ville de Maradi, un grand festival qui serait un lieu de rencontre périodique pour les conteurs. En attendant de trouver les moyens pour la réalisation de son rêve, cet artiste polyvalent continue de présenter des émissions de conte sur les radios de la place et à enseigner gratuitement la danse, le conte aux enfants. Tassiou dit tirer satisfaction de cette vie d’artiste : « Tout ce que je possède, je l’ai eu grâce à mes activités d’artiste », témoigne t-il.

 

 
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