INTERVIEW  |    

Interview : M. Mamane Issa Ibrahim, préfet d’Illéla

Par Journalduniger.com, source Le Sahel/Oumarou Moussa et Souley Moutari - 22/09/2014

" Le réseau routier est confronté à un manque d’entretien, et sa praticabilité est difficile en tout temps et surtout pendant la saison des pluies."

 

M. le Préfet, pouvez-vous présentez à nos lecteurs votre entité administrative ?
Je vous remercie de me donner l’occasion de parler de mon département. Le département d’Illéla est situé dans la partie sud-ouest de la région de Tahoua. Il couvre une superficie de 3986 km2. Il est limité au nord par le département de Tahoua, au nord–est par celui de Keita, à l’est par Bouza, au sud par le département de Konni et à l’ouest par le département de Bagaroua.
La pluviométrie annuelle moyenne du département varie entre 300 et 500 millimètres. Les pluies sont mal réparties dans le temps et l’espace, entrainant de ce fait en certaines années des déficits céréaliers importants, avec des répercutions sur l’état nutritionnel des populations. Suite à la décentralisation, le département a été subdivisé en trois communes dont une commune urbaine, Illéla, et deux communes rurales, Badaguichiri et Tajaé. La population totale du département est estimée en 2012, à 313.542 habitants. Le département compte 153 villages administratifs, et est composé d’un canton et d’un groupement touareg. Le canton est subdivisé en 11 secteurs et chaque secteur regroupe un certain nombre de villages administratifs. Le groupement touareg de Tajaé est subdivisé en tribus auxquelles sont rattachés des hameaux. Trois groupes ethnolinguistiques composent la population : les Haoussa-Aderaoua, les Touareg et les Peulh. Les Touareg sont majoritairement dans la commune rurale de Tajaé. Cependant, on y rencontre aussi des Zarma et des Kanouri, surtout dans la commune rurale de Bagaroua.

L’agriculture, qui est la principale activité des populations, est de type primaire. La superficie cultivable est estimée à 451. 000.000 d’hectares en 2009. En saison des pluies, les principales cultures vivrières sont le mil, le maïs, le sorgho et les cultures de rente (niébé et arachide). On pratique les cultures de contre-saison le long des mares permanentes et semi permanentes, les points de retenus d’eau et dans la vallée de Badaguichiri. Ces cultures de contre-saison, outre leur apport nutritionnel non négligeables, représentent une importante source de revenus aux maraichers. L’agriculture est tributaire des variations de la pluviométrie dans certaines zones semi arides. Dans le domaine de l’environnement, il n’existe ni forêt classée, ni réserve dans le département. Cependant le potentiel forestier le plus riche et dense se trouve dans la vallée, autour des mares et dans la zone d’épandage. Dans le domaine de la protection de l’environnement, des interventions de plantation d’arbres (acacia, prosopis et neem) ont concerné la bande Est et la bande centrale du département. D’autres formes de plantations de type brise-vent, de protection de berge et plantation d’alignement, ont été effectuées dans le département. La plantation semi directe concerne le gao, le palmier doum et les acacias. D’importants efforts sont fournis dans le département dans le cadre de la récupération des terres.

 

L’élevage est la seconde activité économique du département qui compte un cheptel estimé à 213.208 bovins, 205.496 ovins, 182.170 caprins, 2.241 équins, 8.299 camelins et 28.382 asins. Ce cheptel est très important, et il permet d’assurer un apport de lait et de viande aux populations du département, et sert aussi à la commercialisation.

En ce qui concerne le réseau routier, il faut dire qu’il est très insuffisant. Il comprend 54 kilomètres de routes bitumées, 206kilomètres de routes latéritiques, et plusieurs pistes rurales. Le réseau routier est confronté à un manque d’entretien, et sa praticabilité est difficile en tout temps et surtout pendant la saison des pluies.

Dans le cadre du Programme de Renaissance du Niger, plusieurs réalisations ont été faites dans toutes les régions du Niger. Peut-on savoir ce qu’il en est à Illéla ?
Le Programme de Renaissance est un programme très ambitieux, et force est de constater que ce programme sort de l’abstrait et va au concret. Et cela à travers tout le pays en général, et en particulier à Illéla. Sur le plan de l’hydraulique, à la date du 19 février 2014, il a été réalisé en 111 nouveaux équivalents points d’eau modernes. 29 équivalents points d’eau modernes ont été réhabilités et remis en marche. Le taux de couverture des besoins en eau est de 68, 48%. Pour atteindre 80% à l’horizon 2015, il faut réaliser au moins 210 autres équivalents points d’eau modernes en favorisant les localités les plus nécessiteuses et en priorisant la création de mini AEP multivillages. Il faudra aussi réhabiliter tous les ouvrages en panne, potentiellement exploitables, et remplacer ceux qui sont abandonnés. En perspective, en 2014-2015 on peut déjà noter la réalisation de 7 mini AEP multi villages ; 4 mini AEP simples ; un poste d’eau autonome prévu dans le cadre de la mise en œuvre du projet de mini adduction d’eau potable par système photovoltaïque, phase3 ; la réalisation de 2 mini AEP multi-villages ; et une mini AEP simple par l’Etat du Niger. En hydraulique urbaine, dans la ville d’Illéla, il a été réalisé 2.286 mètres linéaires d’extension sur le réseau, 299 branchements sociaux, et 2 bornes fontaines. Ces réalisations vont certainement permettre de rehausser le taux de desserte en milieu urbain en 2013, mais beaucoup reste encore à faire car ce taux était de 36,85% au 31 décembre 2012. En perspective, une autre extension de 16. 400 mètres linéaires sera accompagnée de la réalisation de nouvelles bornes fontaines au titre de l’année 2014. En ce qui concerne le domaine de l’assainissement, il a été réalisé 25 blocs de latrines dans les écoles et centres de santé, et 460 latrines familiales. Aussi, l’approche assainissement total pilotée par la communauté a été mise en œuvre dans 25 villages de la commune urbaine d’Illéla : 2473 latrines ATPC ont été réalisées. Pour mieux contribuer à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, il y a lieu de mettre un accent particulier sur la promotion de la construction de latrines familiales dans toutes les localités du département. Un autre aspect qu’on doit mentionner ici, c’est la route Moujia-Illéla-Badaguichiri.

A cela s’ajoutent plusieurs autres réalisations. On relève sans être exhaustif, à Badaguiciri, la réhabilitation du seuil de Zangon Roukouzoum ; le fonçage de 15 puits à Yama ; la construction des banques céréalières ; la réhabilitation de la maternité à Tambass et Yama. A Tajaé il y a le fonçage de 90 forages, (Zouraré et Sabara) ; la construction d’une BAP à Zouraré Ibrogan ; l’aménagement du site de Karayé et le fonçage de 30 puits ; la réhabilitation de la maternité et du CSI ; et la réhabilitation d’un site de production de fourrage. A Illéla, il y a eu la construction d’une banque céréalière à Tiga Zongo, l’aménagement de la mare de Beidi, la réhabilitation de deux sites de production de fourrage, la réhabilitation de la maternité et du CSI, le fonçage de 40 forages et de 8 puits.

Quelles sont les contraintes qui freinent le développement du département d’Illéla ?
Les contraintes sont diverses. Il y a d’abord les difficultés d’accès aux sites. La réticence de certains partenaires à faire de gros investissements, par exemple dans le domaine des forages profonds et des mini adductions d’eau potable, qui ont un coût très élevé. En outre, il y a la demande importante en PEM, et l’insuffisance de financements pour y faire face, la dégradation des terres de cultures et de pâturage, l’irrégularité de la pluviométrie avec comme conséquence des déficits céréaliers récurrents, le faible maillage du département d’Illéla en points d’eau pastoraux. Du point de vue environnemental, l’érosion hydrique et éolienne entraine la dégradation continue des terres fertiles qui, avec le temps, deviennent incultes. Le département ne dispose pas de forêt naturelle, et l’essentiel du bois provient des terres de plateau.

M. le Préfet, est-ce que vous pouvez nous parler de la situation sécuritaire dans votre département ?
Nous sommes heureux de vous dire que la sécurité ici n’est pas un vain mot. Elle existe réellement et elle fait son bonhomme de chemin. Incha Allah, nous veillerons toujours à ce que cette sécurité soit renforcée. On n’enregistre que des cas mineurs de vols d’animaux. Grâce à la patrouille qui sillonne le département 30 jours sur 30, nous n’avons pas vraiment de problème. Donc cette sécurité est totalement garantie. Malheureusement, nous faisons face à un problème de sous effectif des Forces de Défense et de Sécurité. Nous demandons aux autorités de bien vouloir mettre à la disposition du département d’autres éléments de la Garde Nationale, de la Police, surtout et de la Gendarmerie pour mieux sécuriser ce département.

 

 
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