Bamako 2025 : une opération riz à prix social pour conjurer la faim - Journal du niger



Bamako 2025 : une opération riz à prix social pour conjurer la faim

Bamako, 25 mars 2025 – Ce mardi, Bamako s’éveille sous un souffle d’espérance pragmatique. La veille, lundi, une initiative d’une…

Bamako a lancé la vente de riz à 13 000 FCFA le sac de 50 kg, une opération du CSA visant à soutenir 30 000 ménages urbains jusqu’en décembre

Bamako, 25 mars 2025 – Ce mardi, Bamako s’éveille sous un souffle d’espérance pragmatique. La veille, lundi, une initiative d’une rare audace a pris racine dans la capitale malienne : la vente de riz à prix social, orchestrée par le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) dans le cadre de la Facilité Alimentaire Malienne. À 13 000 francs CFA le sac de 50 kilogrammes, une aubaine représentant la moitié du tarif habituel, cette opération s’érige en rempart contre la précarité qui étreint tant de foyers. Didactique par essence, elle se déploie comme une leçon vivante de solidarité et de gouvernance proactive, visant à insuffler dignité et subsistance aux populations urbaines délaissées par les distributions gratuites.

Opération riz à prix social : Une mécanique de solidarité en marche

En effet, loin de se borner à une simple ristourne, cette entreprise puise sa sève dans une ambition plus vaste : mobiliser des ressources inédites par le truchement de contributions nationales, tissant ainsi un filet de responsabilité collective. Par ailleurs, le Ministre commissaire à la Sécurité Alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali, en a esquissé les contours avec une clarté saisissante : « À chaque ménage identifié, nous offrons un sac de riz pour 13 000 francs, utilisable sur une fenêtre de trois mois au choix, entre avril et décembre 2025. » L’objectif, aussi précis qu’audacieux, est de tendre la main à 30 000 foyers sur cette période, transformant une denrée essentielle en vecteur d’équité.

Cette démarche ne s’adresse pas aux plus démunis, déjà couverts par des aides directes, mais à cette frange urbaine aux revenus frêles, pour qui le marché, avec ses prix capricieux, demeure un horizon inaccessible. Le CSA, en maître d’œuvre, ne se contente pas de subventionner : il enseigne par l’action que la sécurité alimentaire n’est pas une chimère, mais un édifice à bâtir pierre par pierre, sac par sac.

Une réponse aux murmures des ventres et des cœurs

D’ailleurs, sur les marchés et dans les ruelles de Bamako, les voix des bénéficiaires s’élèvent, vibrantes d’un mélange de gratitude et d’attente. « Cette action nous sauve », clame une mère de famille, dont le sourire trahit un soulagement palpable. « Si elle perdurait, elle pourrait écorner la misère elle-même. » « Le riz est de belle facture, et s’il pouvait s’accompagner de mil, notre joie serait complète », ajoute-t-elle, esquissant un vœu simple, mais profond. Un autre habitant, pragmatique, pointe du doigt une ombre passée : « Lors de la dernière édition, se procurer un sac relevait du parcours du combattant. Il faut que l’accès soit fluide cette fois-ci. » Une dame, elle, rêve d’abondance : « Plus de quantité, et nous serions comblés, surtout avec la conjoncture qui nous étrangle. »

Ces échos, loin d’être de vaines doléances, sont autant de balises pour une opération qui se veut évolutive. Le CSA, à l’écoute, a d’ores et déjà décidé d’élargir son étreinte au-delà de Bamako, englobant les régions à forte densité urbaine, là où la faim urbaine gronde avec une acuité particulière. De Kayes à Sikasso, l’ambition est claire : faire du riz social un phare accessible à tous ceux que les vents économiques malmènent.

Opération riz à prix social : une leçon d’économie et d’humanité

En plus, cette édition 2025 ne se réduit pas à une arithmétique de sacs distribués. Elle incarne une pédagogie en actes, démontrant comment l’État peut, par une subvention ciblée, rééquilibrer les plateaux d’une balance sociale trop souvent désaxée. À 13 000 francs, le riz n’est pas bradé par hasard : ce tarif, fruit d’un calcul méticuleux, conjugue accessibilité pour les ménages et viabilité pour les filières agricoles. Car derrière chaque grain se profile un paysan malien, dont le labeur mérite d’être honoré, non étouffé par des largesses inconsidérées.

Le Mali, terre de résilience face aux crises qu’elles soient climatiques, sécuritaires ou économiques, trouve dans cette opération une illustration de son génie à marier pragmatisme et fraternité. Jusqu’en décembre 2025, mois après mois, elle déroulera son fil, offrant aux citadins une bouffée d’oxygène alimentaire dans un contexte où l’inflation galopante ronge les espoirs.

Une dynamique à pérenniser

Avec l’arrivée des premiers sacs de riz dans les foyers bamakois, une question demeure subtile, mais cruciale : cette initiative, accueillie comme un soulagement, pourra-t-elle s’inscrire dans la durée ? Les bénéficiaires expriment avec ardeur leur souhait de voir cette aide évoluer en un soutien durable, un fondement inscrit dans le temps. Le CSA, tirant parti de cet élan collectif, a l’opportunité de transformer cette action initiale en un engagement continu, où le riz à prix abordable deviendrait une réalité constante au Mali.

En ce mois de mars, Bamako s’anime d’une énergie renouvelée : celle d’un peuple qui, sac après sac, revendique son droit à la subsistance. Et si, dans ces grains mis à portée de tous, se cachait la promesse d’une société plus solidaire et équitable ? L’avenir de cette initiative repose désormais entre les mains de ceux qui sauront nourrir cet élan de solidarité et le faire grandir.

 

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