La pétition insolite : quand des Canadiens veulent déposséder Elon Musk de sa citoyenneté - Journal du niger



La pétition insolite : quand des Canadiens veulent déposséder Elon Musk de sa citoyenneté

Un vent de fronde souffle sur le Canada, un soulèvement citoyen aussi inattendu que spectaculaire. Depuis le 20 février 2025,…

Un mouvement citoyen canadien, porté par une pétition de 250 000 signatures, réclame la révocation de la citoyenneté d’Elon Musk,

Un vent de fronde souffle sur le Canada, un soulèvement citoyen aussi inattendu que spectaculaire. Depuis le 20 février 2025, une pétition audacieuse circule sur le territoire de l’érable, portée par des centaines de milliers de signataires qui, dans un élan rarement vu, ne réclament rien de moins que l’annulation de la citoyenneté canadienne d’Elon Musk, l’énigmatique magnat de la technologie.

Ce mouvement, à la croisée de l’indignation patriotique et de la symbolique politique, éclaire d’une lumière crue les tensions grandissantes entre le Canada et son voisin du sud, sous l’ombre pesante de l’administration Trump. Plongeons dans cette affaire hors du commun avec une loupe pédagogique, en décortiquant ses origines, ses rouages et ses implications, loin des sentiers battus du récit convenu.

Une clameur populaire aux accents de souveraineté

Lancée il y a cinq jours dans la province verdoyante de la Colombie-Britannique, cette pétition a déjà fédéré plus de 250 000 âmes, un chiffre qui enfle comme une vague prête à déferler jusqu’au 20 juin, date de clôture des signatures. À l’origine de ce tollé, une accusation aussi grave que tranchante : Elon Musk, né en Afrique du Sud, mais Canadien par sa mère originaire de la Saskatchewan, serait une menace pour l’intégrité nationale. Les pétitionnaires lui reprochent d’avoir manié sa fortune colossale et son influence tentaculaire pour peser sur les élections canadiennes, et pire encore, de s’être mué en pion d’un gouvernement étranger – celui des États-Unis – cherchant à éroder la souveraineté du pays.

Ce n’est pas un simple murmure de mécontentement : c’est un cri d’alarme, drapé dans une rhétorique qui dépeint Musk comme un intrus ayant trahi l’esprit du Canada. Pourtant, derrière cette colère se cache une réalité juridique plus terre-à-terre. Au pays de la feuille d’érable, priver quelqu’un de sa citoyenneté n’est pas une mince affaire. La loi est claire comme une rivière de montagne : seule une fraude avérée, une fausse identité ou une dissimulation volontaire lors d’une demande d’immigration peut justifier une telle mesure. Or, rien dans le parcours de Musk, arrivé à 18 ans pour travailler et étudier à l’Université Queen’s avant de filer vers les États-Unis – ne semble, jusqu’ici, cocher ces cases. La pétition, bien que vibrante d’émotion, flotte ainsi dans une sphère symbolique, sans ancrage légal tangible.

 Musk : Une réplique provocatrice et un contexte explosif

Face à cette tempête, Elon Musk n’a pas choisi la discrétion. Dans un message aussi fugace qu’incendiaire, posté puis effacé sur la plateforme X, il a jeté de l’huile sur le brasier : « Le Canada n’est pas un vrai pays. » Une saillie qui, bien que retirée, a résonné comme une gifle pour nombre de Canadiens, ravivant les braises d’un patriotisme déjà malmené par les frictions avec les États-Unis. Car l’affaire Musk ne surgit pas dans un vide paisible. Depuis le retour de Donald Trump à la tête de l’Amérique, les relations entre les deux nations voisines grincent comme un vieux pont sous la tempête. Trump, avec son franc-parler habituel, a laissé entendre que le Canada pourrait n’être qu’un État supplémentaire des États-Unis, tout en brandissant la menace de taxes douanières sur l’acier, l’aluminium et autres trésors économiques canadiens.

Ottawa, piqué au vif, a promis de riposter par des contre-tarifs, transformant cette joute en un bras de fer commercial. Mais la querelle ne s’arrête pas aux sommets gouvernementaux : elle s’est infiltrée dans le quotidien des Canadiens, qui boudent les produits américains, snobent les voyages au sud de la frontière et conspuent les hymnes étoilés lors des joutes sportives. Dans ce climat de défiance, Musk, avec son soutien affiché aux politiques migratoires radicales de Trump, devient une cible idéale, un symbole de l’influence étrangère honnie.

Une pétition sans dents, mais pas sans voix contre Musk

Si cette pétition fait trembler les réseaux sociaux et les conversations autour des tables de cuisine, elle reste, pour l’heure, un geste plus théâtral que juridique. Au Canada, une pétition forte d’au moins 500 signatures et adoubée par un député peut espérer une réponse officielle du gouvernement. Celle-ci, portée par Charlie Angus, figure respectée du Nouveau Parti démocratique, a déjà franchi ce seuil. Pourtant, son destin vacille : des élections prévues au printemps pourraient dissoudre le Parlement, reléguant ce cri du cœur à un écho sans suite. Angus lui-même, après deux décennies de service, raccrochera bientôt ses gants politiques, laissant planer un doute sur l’élan futur de cette initiative.

Et Musk dans tout cela ? L’homme aux mille visages, entrepreneur visionnaire pour les uns, provocateur impénitent pour les autres, ne tremble pas. Sa citoyenneté canadienne, héritée de sa mère, est un fil ténu, mais solide qui le relie au pays. Son parcours, d’un jeune immigrant débarquant à 18 ans à un titan de la technologie naturalisé américain en 2002, défie les simplifications. Accusé par certains, comme Steve Bannon, d’avoir flirté avec l’illégalité aux États-Unis dans sa jeunesse, il rejette ces allégations avec assurance, fort d’une biographie qui le blanchit.

Une leçon de démocratie et de symboles

Que retenir de cette saga ? Sous ses airs de feuilleton à rebondissements, elle dévoile une vérité limpide : le pouvoir des citoyens, même symbolique, peut faire vaciller les géants. Cette pétition, bien qu’impuissante à arracher Musk à son passeport canadien, cristallise un malaise plus vaste, celui d’un peuple qui refuse de voir son identité diluée dans les ambitions d’un voisin encombrant ou les caprices d’un milliardaire insaisissable. Elle rappelle aussi que la citoyenneté, loin d’être un simple tampon administratif, est une étoffe tissée de loyautés, d’histoires et de luttes. Dans un monde où les frontières s’effritent sous les assauts de la mondialisation, le Canada, par ce geste, réaffirme qu’il est plus qu’une ombre au nord des États-Unis : un pays vivant, fier et prêt à rugir.

 

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