Niamey, 30 janvier 2025 — Sous les auspices d’un soleil matinal, hier, M. Sidi Mohamed Ralliou, ministre des Télécommunications, de la Poste et de l’Économie Numérique, a ouvert la deuxième réunion du Comité de Pilotage du Projet Transsaharien de Fibre Optique (DTS 2025). Un événement qui scelle le Niger dans son rôle de fulcrum de la connectivité ouest-africaine, promettant une renaissance numérique aux confins du Sahara.
Un phare géostratégique
Dans un discours où l’ambition le disputait à la précision, M. Ralliou a campé le Niger comme « l’épicentre d’une métamorphose technologique ». Enclavé, mais non enchaîné, le pays, bordé par trois États côtiers dotés de câbles sous-marins (Algérie, Bénin, Nigéria), se mue en linchpin d’un réseau de fibre optique transcontinental. « Notre position géographique n’est plus une fatalité, mais un tremplin », a-t-il martelé, soulignant que ces « artères numériques » pourraient irriguer l’économie nationale via un accès élargi à la bande passante internationale.
Gouvernance et défis : l’alchimie d’un projet pharaonique
Doté d’un budget de 30,8 milliards de FCFA, cofinancé par l’État nigérien et la Banque Africaine de Développement (BAD), le DTS 2025 vise à déployer 1 031 km de fibre optique le long des axes routiers majeurs, un chantier déjà réalisé à 97 %, selon le ministre. Toutefois, l’ombre au tableau réside dans le Centre National de Données, dont le taux d’avancement plafonne à 8 %, un « nœud gordien » qui retarde l’apothéose du projet, prévue pour septembre 2025.
Le comité de pilotage, réunissant Algérie, Mali, Niger, Nigéria et Tchad, joue les arbitres éclairés : validation des orientations stratégiques, résolution des contentieux et quête de financements pour les composantes en suspens. « Nous tissons les sinews d’une économie numérique en gestation », a déclaré M. Ralliou, rappelant que ce projet s’inscrit dans la vision du président Tiani de doter le Niger d’infrastructures de « niveau III », capables de résoudre le « casse-tête de l’hébergement local des données ».
Des chiffres qui parlent, des silences qui interpellent
Si les kilomètres de fibre déployés frôlent la perfection (100 %), le retard du data center soulève une question. Un paradoxe dans un projet otherwise salué pour son efficacité. Le ministre y voit un défi « temporaire », lié à des « contingences techniques », mais assure que l’objectif final, une dorsale nationale connectée aux pays voisins, demeure immuable.
L’Horizon 2025 : entre utopie et réalisme
En clôture, M. Ralliou a esquivé tout triomphalisme, préférant un ton prophétique : « Ce réseau sera le socle de notre souveraineté numérique. » « Il incarne également l’audace d’un Niger qui refuse de n’être qu’un spectateur de la globalisation. » Reste à transformer l’essai : lorsque les data centers auront rattrapé leur retard, le pays pourra-t-il vraiment devenir le « hub » incontournable rêvé ?
La cérémonie, empreinte de solennité, s’est achevée dans les murmures d’un avenir prometteur. Les invités, directeurs généraux, membres du comité et diplomates, ont quitté la salle avec une certitude : le Niger, jadis terre de caravanes, écrit désormais son épopée en bits et en octets. Une odyssée moderne où le désert se pare des lueurs de la fibre optique.