Niger : ultimatum des travailleurs du pipeline Niger-Bénin à Wanda Group - Journal du niger



Niger : ultimatum des travailleurs du pipeline Niger-Bénin à Wanda Group

La bombe à retardement sociale vient de tic-tacquer un cran plus fort. Ce mercredi, les opérateurs et techniciens des stations…

Niger : Les travailleurs du pipeline Niger-Bénin menacent de grève contre Wanda Group. Retards de salaire, conditions difficiles,

La bombe à retardement sociale vient de tic-tacquer un cran plus fort. Ce mercredi, les opérateurs et techniciens des stations de pompage du pipeline Niger-Bénin, artère vitale pour l’exportation du pétrole, ont brandi un préavis de grève éclair face au géant Wanda Group. Leur mot d’ordre ? « Plus un litre de patience. »

Après des mois de salaires en roue libre et de droits sociaux escamotés, ils exigent, sous 48 heures, le règlement immédiat des arriérés et la régularisation de leurs cotisations CNSS. Un coup de pression sans précédent pour cette entreprise clé, accusée de jouer avec le feu social.

Des salaires en eaux troubles

Dans les coulisses de ce mégaprojet stratégique, censé booster l’économie régionale, c’est la harga financière qui mine les travailleurs. « On trime sous 45°C pour des salaires qui arrivent en mode stop-and-go », lâche un technicien sous couvert d’anonymat. Les retards de paiement, récurrents depuis six mois, plongent des familles dans un déjà-vu de dettes et de rationnement. Pire : les cotisations sociales (CNSS), censées être une bouée de secours, semblent avoir coulé à pic. « Nos droits sont en offline total. » « Si on a un accident, qui paiera ? », interroge un opérateur, la voix nouée.

 Des conditions de travail « inhumaines »

Leur quotidien est un mélange explosif de burn-out et de négligence. Entre les équipements vétustes, le manque de matériel de sécurité et les quarts de travail interminables, les travailleurs dénoncent des conditions « à la limite de l’esclavage moderne ». « Ici, c’est la zone grise des normes. » « Wanda Group traite le pipeline comme un tuyau à cash, pas comme un projet humain », accuse un syndicaliste, sous le radar. Certains évoquent même des maladies non prises en charge, des permis de travail expirés… Une accumulation de griefs qui a transformé la colère en ras-le-bol organisé.

 Wanda Group sous pression : silence radio ou stratégie de l’autruche ?

Face à la grogne, le groupe chinois reste muet comme un puits de pétrole asséché. Malgré des relances répétées — courriers, meetings, interpellations —, aucune réponse concrète. « Ils jouent au poker menteur avec nos vies », tonne un gréviste. Si le compte à rebours arrive à zéro, les stations de pompage pourraient se mettre en mode veille, paralysant un projet déjà fragile. Un risque énorme pour Wanda, dont l’image en Afrique de l’Ouest est en jeu.

Une bombe à retardement économique 

Le pipeline Niger-Bénin, long de 2 000 km, est le projet phare censé doper les exportations de brut nigérien. Mais aujourd’hui, c’est aussi un symbole de contradictions : comment vanter un essor économique si ceux qui font tourner la machine crèvent à la tâche ? Une grève plongerait le projet dans le chaos, avec des pertes estimées à des millions de dollars par jour. Les gouvernements des deux pays, déjà sur le fil entre investisseurs et populations locales, pourraient bien faire les frais de ce bras de fer.

La rue, dernier recours pour les employés du Wanda Group

« On n’a plus le choix. » « La grève, c’est notre mégaphone », résume un opérateur déterminé. Derrière les revendications salariales, c’est une quête de dignité qui s’exprime. Et le mouvement pourrait faire des émules : d’autres secteurs, des transporteurs aux sous-traitants, observent la situation avec une solidarité grandissante.

Dans moins de 48 heures, Wanda Group devra choisir entre apaiser la tempête ou affronter un arrêt historique qui secouera le secteur énergétique ouest-africain. Une chose est sûre, c’est que les hommes du pipeline ont décidé de ne plus être les invisibles de l’or noir. À l’ère où les réseaux sociaux amplifient chaque étincelle, cette grève pourrait bien allumer un feu bien plus grand…

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